Si vous êtes de ceux qui ne croient pas que le projet de mise à deux fois deux voies de la RN 88 dans la traversée de la Lozère a pris un coup de vieux alors lisez la suite . Si au contraire vous en êtes déjà convaincu lisez aussi la suite.

Cette suite c'est l' Edito de la plaquette publiée en juillet 2008 par l'association "Non à la deuxième autoroute".

 

 

Le projet de construction d’une autoroute doublant la RN88 de Lyon à

Toulouse a été lancé il y a quinze ans. Il a avancé aux extrémités de l’axe

là où le trafic est important. Dans la partie centrale (entre l’A75 en Lozère

et Le Puy), grâce, entre autres, à l’action persévérante de notre association, rien

n’a été fait, si ce n’est cette bretelle du Romardiès, concédée par l’État aux élus

lozériens.

Depuis 1993, beaucoup de choses ont changé. La responsabilité des

transports routiers dans le réchauffement climatique est avérée. Le protocole de

Kyoto, signé en 1992, impose ses exigences aux politiques publiques. Le pétrole

est passé de 18 $ à 135 $ le baril et la crise énergétique remet en question nos

habitudes de déplacement et notre modèle de développement économique.

L’alarmante régression de la biodiversité est maintenant bien mesurée. L’opinion

publique a parfaitement pris conscience de ces évolutions et en octobre 2007 le

gouvernement en a pris acte dans les conclusions du Grenelle de l’Environnement,

sans le traduire pour le moment en mesures concrètes.

Ces phénomènes ne traduisent pas une crise passagère, ils vont au contraire

s’accentuer si aucune inflexion forte n’est apportée à nos comportements et aux

politiques publiques et en particulier à celle des transports.

Malheureusement les responsables politiques et économiques de nos

régions se voilent les yeux et refusent d’envisager une remise en question de leur

conception de l’aménagement du territoire. Ils n’envisagent l’avenir que comme la

prolongation du passé, même si tout a changé. Ils restent accrochés au mythe du

« désenclavement autoroutier », même si dans des régions comme les nôtres, la

preuve n’a jamais été faite d’un quelconque effet positif sur le développement local.

Les raisons de s’opposer à ce projet démesuré sont encore plus fortes

aujourd’hui qu’elles ne l’étaient hier. Face à l’aveuglement des « décideurs », la

lucidité et la détermination de citoyens organisés sont plus que jamais nécessaires.

Pendant que les promoteurs du projet cherchent en vain les financements de leur

délire, l’urgence écologique et sociétale s’impose plus rapidement qu’ils ne pensent.

L’association « Non à la deuxième autoroute » fera tout pour gagner cette course

de vitesse. Soutenez-la, rejoignez-la.

Il n’est pas trop tard. Rien d’irrémédiable n’a encore été commis, si ce

n’est ces viaducs prétentieux et inutiles enjambant la Colagne et le Romardiès,

qui seront demain les vestiges d’une époque révolue.

Mis à jour ( Mercredi, 20 Mai 2009 06:13 )